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Montre Strela Officer CYM3133

Voici une petite particularité de ma collection. En effet, cette montre n'est pas une automatique mais une mécanique à remontage manuel. Je l'apprécie tout particulièrement, et je vous avoue m'être très vite habitué à la remonter régulièrement. A l'origine j'avais offert une Strela AGENT CYM3133 à mon père et à la découverte de la belle, j'ai absolument voulu en avoir une à mon tour.

Dans mon cas, il s'agit ici d'un modèle Strela Officer CYM3133 vendu dans une boite Shturmanskie (ou Sturmanskie), l'une des marques du groupe "Volmax".
Pour la petite histoire, "Volmax" est un distributeur de montres russes né de l'initiative d'anciens collaborateurs de la "First Moscow Watch Factory" la fabrique d'origine de la marque "Poljot" (et normalement la seule usine détentrice du nom "Poljot"). La cessation de production de "Poljot" a permit à "Volmax" de récupérer des chaines de fabrication de certains mouvements dont le calibre 3133.
Dans le cas de cette montre, c'est donc "Volmax" par l'intermédiaire de sa branche "Maktime" en charge de la production des calibres, qui fournit à l'atelier de Juri Levenberg, situé à Munich, de quoi assembler cette réplique. Ce cher Juri est un allemand qui a eu la bonne idée de déposer le nom de "Strela" (celui de "Poljot" est normalement protégé) pour proposer des répliques de qualité de ce chrono avec une mécanique 100% russe, issue des machines héritées de la "First Moscow Watch Factory" récupérées par la branche "Maktime" du groupe "Volmax".....Qui a dit compliqué ?

Une "Strela" peut donc se trouver neuve sous plusieurs marques différente mais plus sous le nom "Poljot" (sauf relance éventuelle de la marque). Des variations peuvent cependant apparaitre. Shturmanskie propose des modèles en 44 mm, alors que ceux vendus par Juri Levenberg et assemblés en Allemagne ont tous des boitiers de 38 mm avec des prix plus accessibles. Les noms peuvent changer, la variation du modèle également mais l'origine est la même dans tous les cas de figure. La source d'inspiration reste la "Strela" fabriquée à l'époque par la "First Moscow Watch Factory". Il s'agit de la première montre à avoir subi le 12 juin 1965, au poignet de son propriétaire Cosmonaute, Mr Alexi Leonov, une sortie dans l'espace. Youri Gargarine fut le premier homme dans l'espace, mais il est resté confiné dans sa capsule (et portait une Sturmanskie Gagarin (modèle spécialement étudié pour sa mission). Notre cher Leonov a lui quelques années plus tard fait un petit tour hors de son vaisseau, pour les passionnés de l'Aerospace, il a pratiqué un "EVA" (Extra-Vehicular Activity). Il fut le premier homme à "marcher" dans l'espace. Du coup, sa montre est également devenue un symbole.

La Strela d'origine était un chronographe basé sur un mouvement Venus dont l'outillage avait été cédé à la "First Moscow Watch Factory" connue plus tard sous le nom de "Poljot". Sa référence était la Strela 3017.

Les modèles actuels, bien que s'inspirant du design de la montre originale, ont troqué leur mouvement d'origine par un 3133 dont nous parlerons un peu plus bas. Ils bénéficient également d'une finition supérieure et d'une qualité plus en adéquation avec les standards actuels.

J’ai acheté cette montre neuve 289€ sur la boutique Ebay bien connue des amateurs de montres russes "russian-watch". Elle fut livrée dans les temps, avec certificat et annotations de réglage du vendeur.

Passons maintenant à la découverte de la belle.

J'ai pu corriger pas mal des erreurs dans cet article grâce aux remarques avisées du membre "1917" du génialissime forum "http://www.montres-russes.org/". Merci à lui.

Montre CYM3133 remontoirMontre CYM3133 vue de face

Nous sommes ici en face d'un chronographe très classique avec les boutons de Start/Stop et de remise à zéro situés sur le côté droit de la montre, de part et d'autre de la couronne. Cette dernière est d'ailleurs légèrement ciselée et peu encombrante. Elle s'intègre donc parfaitement au boitier mais perd en praticité. En effet, de par sa position et sa faible épaisseur il n'est pas forcément évident de la manipuler pour remonter le ressort. Je suis le plus souvent obligé de retirer la montre du poignet pour effectuer l'opération de remontage.

Le déclenchement de la fonction chronographe se fait par une pression sur le bouton situé en haut du côté droit. La première fois que l'on lance le mécanisme on est surpris de la résistance qu'offre le déclencheur, il faut vraiment appuyer fermement sur ce dernier pour que l'aiguille quitte sa position centrale. C'est une des caractéristiques du mouvement 3133. Au final cela s'avère pratique, car cela évite le lancement du chronographe inopinément. La remise à zéro permise par le second bouton situé en bas présente la même caractéristique.

Intéressons-nous maintenant aux cadrans et aiguilles. Comme souvent, c'est en grande partie pour ces derniers que j'ai craqué. Le fond blanc crème est tout bonnement magnifique. Le guillochage est propre et sans bavures. Les éléments de marquage des heures couleur argent ressortent particulièrement et donnent à l'ensemble un petit côté "rétro mais pas trop". La forme des aiguilles vient rajouter une touche d'originalité et s'intègre parfaitement à l'ensemble. Le point faible reste la lisibilité de la date et des cadrans réservés aux fonctions chronographe. La date est ainsi donnée entre 4H et 5H dans une fenêtre très (trop) discrète. Le cadran réservé à la trotteuse situé à 9H est à l'image du cadran de l'indication des minutes pour le chronographe situé lui à 3H: "fondu dans la masse". Autrement dit, ils ne ressortent que très peu de l'ensemble. Pour moi il est évident que l'aspect design a supplanté l'aspect lisibilité, mais cela ne me gêne en rien. Je persiste sur le fait que le tout est très bien réussi et plaisant à l'œil. J'en oubliais presque les indications pour le tachymètre, présentées à l'extrémité du cadran et inscrites en couleur rouge. Egalement très discret, je trouve l'effet apporté de très bon gout. Une petite pointe de rouge est également visible sur le haut de l'aiguille des secondes associée au chronographe. Quelques inscriptions cyrilliques sont également présentes dont le sigle "1MЧЗ" pour 1=First ; M=Moscovite ; Ч=Première lettre de montre en Russe ; З=Première lettre de Usine; ce qui donne grossièrement en français et si j'ai bien compris "Première Usine de Montre de Russie" soit la bien connue "First Moscow Watch Factory" l'origine de "Poljot".

Strela Officer CYM3133 Cadran

Certains pourraient trouver l'ensemble trop chargé, mais personnellement j'ai accroché immédiatement à ce look à la fois très rétro mais avec quelques touches de modernité. Sachez qu'il existe des modèles Strela plus sobre, à l'image de celle que j'ai pu offrir à mon père et que vous pouvez voir dans la rubrique galerie de ce site.

Concernant le bracelet, il s'agit-là pour moi du point le plus faible de la montre. Le cuir brun imitation croco bien qu'élégant n'est pas de première qualité et possède un côté un peu carton. Mais bon, ça se remplace tout ça :). Reste que pour le prix de la montre, on pourrait s'attendre à un petit peu mieux.

Montre Strela Officer CYM3133 bracelet

Finissons sur la mécanique de la bête. Nous avons droit ici à un très classique mouvement copié du Poljot 3133 et fabriqué par Maktime. ( Grace à l'information diffusée par le toujours génialissime http://www.montres-russes.org/, j'ai appris que Poljot ne produisait plus de mouvement depuis pas mal de temps et que la plupart de ceux que l'on trouve actuellement sur le marché sont en fait fabriqués par Maktime : source de l'info ici).

Ce calibre chronographe 3133 est à l'origine un clone du mouvement suisse Valjoux-7734. Il a cependant été largement retravaillé par les ingénieurs soviétiques, si bien que peu de pièces peuvent etre compatibles entre les deux références (Merci à fcafca pour cette précision). En effet, la Russie a profité de l'arrivée du Quartz vers 1980 pour racheter à bas prix des machines suisses sur lesquelles était fabriqué ce calibre. La fonction chronographe est ici ultra basique et fonctionne parmi les principes les plus simples que l'on puisse connaitre pour implémenter cette fonctionnalité au sein d'une montre; double poussoir et système à came ou à navette. Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage, je vous invite à lire les très bons articles sur le sujet du site "holorgerie-suisse.com". Le 3133 possède 23 rubis, vibre à 21 600 oscillations et possède une réserve de marche d'environ 42H. C'est classique, simple et efficace. Pour observer de plus près les entrailles de la bête, nous avons droit à un fond totalement ouvert recouvert d'un verre minéral. Et je dois avouer apprécier tout particulièrement la vue offerte au dos de la montre.

Calibre 3133 de la montre Officer CYM3133

Calibre 3133 Strela Officer CYM3133

Etant un mouvement mécanique mais non automatique, on ne trouve pas le classique rotor chargé de remonter le ressort. Cela permet de pouvoir observer la totalité du mouvement sans avoir à tourner la montre dans tous les sens. On retrouve ici une mécanique bien finie. Ne cherchez aucune fioriture ou touche de style, le mouvement est ici présenté simplement et sans ajout. Pour moi, inutile d'en rajouter, le mouvement se suffit à lui-même. Le fond ouvert permet également de visualiser la mise en marche du chronographe et sa remise à zéro, toujours intéressantes à observer.

En conclusion je dirais que cette "Strela à consonance Allemande" est une très belle montre, dotée d'une finition plus que correcte pour cette gamme de prix. Le calibre proposé est certes simple mais robuste et assemblé avec soin. Attention cependant au remontage, il n'est bien sûr pas conseillé de forcer le ressort! Parfois il m'est arrivé de bloquer la mécanique lors de la remise à l'heure; mais une simple petite secousse remet la machine en marche.

L'esprit de la Strela d'origine est bien présent et les petites touches de modernité s'accommodent parfaitement avec le dessin classique du boitier. On pourrait lui reprocher un cadran un peu trop chargé, pouvant manquer de lisibilité, mais d'autres finitions, plus légères, existent. Bref, c'est un achat que je ne regrette pas!

Plusieurs modèles de "Strela" sont disponibles et toutes visibles sur le site de la compagnie de Juri Levenberg

http://www.strela-watch.de/

Une finition OR du mouvement et une fonction stop secondes peuvent également être demandées en options


D'autres photos sont disponibles dans la galerie et les versions non compressées disponible ici.

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  • Invité - fcafca

    Bonjour,
    Je suis moi-même collectionneur de montres Russes et Soviétique. Votre Strela est magnifique. Celles d'époque sont de plus en plus rares, et donc hors de prix. Cette réédition est de très belle qualité.
    Votre présentation est parfaite.
    J'aimerais juste apporter une précision quand au terme "clone" que vous utilisez dans cette phrase : "Ce calibre chronographe 3133 est à l'origine un clone du mouvement suisse Valjoux-7734".
    En réalité, les ingénieurs Soviétiques ont "repensé" une bonne partie du mouvement, si bien que peu de pièces d'un Valjoux sont compatibles avec le 3133. C'est expliqué dans ce célèbre article publié sur le forum watchuseek :
    http://forums.watchuseek.com/f54/poljot-3133-vs-valjoux-7734-lysanderxii-224306.html
    Sinon, votre collection est magnifique, et bien présentée.
    François

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  • Merci à vous pour votre commentaire. J'ai corrigé mon article en conséquence.

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